La richesse des pauvres

Tiens, c’est marrant…

… les pauvres donnent plus pour les pauvres que les riches. En 2011, une étude américaine levait le voile sur une réalité affligeante: quand les 20% des plus pauvres consacrent en moyenne 3,2% de leurs revenus aux bonnes œuvres, les 20% les plus riches n’y dédient que 1,3%. Et ce phénomène s’accentue en temps de crise. Entre 2006 et 2012, les ménages ayant un revenu annuel supérieur à 200.000$ ont diminué leurs dons de 5%. En parallèle, ceux ayant un revenu annuel inférieur à 25.000$ les ont augmenter de 17%.

La raison de ce phénomène tient en un mot: empathie. Les scientifiques ont en effet démontré que les riches fréquentant peu de pauvres, ils ne sont pas en prise directe avec la dureté d’une vie désargentée et perçoivent donc moins la nécessité d’y subvenir. Contrairement aux pauvres qui savent ce qu’il en est. C’est leur quotidien.

Par ailleurs les riches apparaissent très près de leurs sous. Plus ils en ont, plus ils y accordent de l’importance. Aussi, quand la récession pointe à l’horizon, ils craignent pour leur fortune et préfèrent la protéger que la partager.

Mais cette iniquité de s’arrête pas aux sommes versées. Elle se prolonge dans leur finalité. Si les pauvres ont pour habitude de donner davantage aux organisations religieuses et aux services sociaux tels que l’Armée du Salut, les riches tendent à privilégier les grandes écoles, les musées et autres institutions prestigieuses façonnant leur monde d’exception.

Une fois de plus, il semble bien que l’Évangile ait encore raison: « Il est plus facile pour un chameau de passer par le trou d’une aiguille, qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »

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Le cinéma dans la salle

Tiens, c’est marrant…

… au cinéma le spectacle est autant dans la salle que sur la toile.

On y croise des dragueurs dont la voisine est l’actrice principale. Des gourmands dont le bruit des pop corn renforce l’intensité dramatique. Des incontinents qui prolongent l’intrigue aux toilettes. On y voit aussi des grands dont les cheveux remplacent les sous-titres. Des peureux venus admirer leurs mains. Ainsi que des dyslexiques qui rigolent en plein drame. Et comment ne pas parler des commentateurs pour qui le 7eme art s’assimile à un match de foot. Ou encore des malotrus, qui prennent les fauteuils pour des canapés, quand ce n’est pas pour des paillassons.

A bien des égards, aller au cinéma est une expérience en demi-teinte pour nombre de nos congénères. Un moment de divertissement qui n’aurait pas son pareil s’il n’y avait pas… les autres. Pourquoi? Peut-être parce que le cinéma est un moment à soi avant d’être un moment pour tous. Une plongée dans un imaginaire personnel qui ne souffre aucune interruption. Un espace-temps où ceux que l’on tolère, que l’on respecte voire que l’on espère… sont ceux qui ont le bon gout de dormir pendant la projection… en évitant de ronfler.

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Le passage des accusés

Tiens, c’est marrant…

… passer un portique de sécurité c’est un peu comme passer devant le juge, la présomption d’innocence en moins.

Bien que tout les sépare, contrôleur et contrôlé ont un point en commun: la paranoïa. Le premier voit en chacun de nous une menace potentielle. Et on peut le comprendre. Chaussures, boissons énergisantes, sous-vêtements, cartouches d’encre… les terroristes rivalisent d’imagination pour dissimuler leurs méfaits. Quant au second, le citoyen lambda, il se dit qu’il peut se taper l’affiche à tout moment.  Lui aussi on peut le comprendre. Au départ il vient voir une expo, emprunter un livre ou prendre un avion. A la fin il peut finir les fesses à l’air avec un doigt dedans, le doigt d’un parfait inconnu, qui plus est.

Comme on peut s’en douter, les temps ne sont pas à la détente. Dernier avatar de la surenchère sécuritaire qui frappe les aéroports: l’interdiction des appareils électroniques déchargés à bord des vols à destination des Etats-Unis. Autant dire que les vendeurs de smartphones de New York La Guardia, Washington Dulles et autres hubs américains doivent se frotter les mains.

Un excès de zèle qui vient pourrir le quotidien d’une catégorie de victimes dont on parle peu: les handicapés moteurs. Comme cette française amputée de la jambe droite humiliée par deux fois à l’aéroport de Marseille Marignane. Le personnel en charge des contrôles lui intima l’ordre de passer le portique sans prothèse, sans fauteuil, sans béquille et d’enlever ses chaussures devant tout le monde pour subir une fouille au corps insistante au niveau du moignon. De quoi transformer « le passage des accusés » en véritable « chemin de croix.

La couette, cet ennemi méconnu.

Tiens, c’est marrant…

… à elle seule, la couette cristallise tous nos maux de lit.

Se coucher, ce n’est pas de tout repos. Une fois allongé, on peut avoir du mal à s’endormir, ne pas arriver à se lever ou être gêné par son voisin. Trois plaies nocturnes dont la couette est l’improbable complice. En fait, ce cocon adulé par tous les dormeurs dissimule les défauts de ses qualités.

La couette c’est la chaleur. Or, la chaleur c’est l’ennemi du sommeil. Les scientifiques sont unanimes: pour s’endormir facilement, la température de notre corps doit baisser. A la mi-saison, nombreux sont ceux qui subissent ce phénomène étrange: comme possédée, notre jambe se fait la malle pour aller respirer à l’extérieur de la couette. Agissant tel un thermostat, nos pieds nous protègent de l’insomnie.

La couette c’est le confort. Or, le confort c’est l’ennemi du réveil, avec tout ce que cela implique: des bébés qui hurlent à la mort et des voisins qui portent plaintes, des cours manqués et des échecs scolaires à l’horizon, des réunions qui démarrent sans nous et des promotions qui s’évanouissent, des compteurs de vitesse qui s’affolent et des accidents qui se multiplient…

La couette c’est pratique. Or, la praticité c’est l’ennemi du couple. On n’imagine pas que cette rencontre de la couverture et du drap puisse être un parfait tue-l’amour, n’ayant rien à envier aux charentaises et au survêtement. D’un simple coup de main, il donne à son détenteur le pouvoir de s’arroger l’exclusivité de la chaleur du lit conjugale. Enroulage façon « Rouleau de printemps », « Oméga » ou « Hot Dog », les stratégies d’extorsion de la couette sont nombreuses mais l’issue rarement joyeuse: disputes, séparations voire divorces dans les cas les plus extrêmes.

Par-delà son duvet moelleux et sa chaleur enveloppante, la couette est belle et bien le meilleur ennemi de l’homme.

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Le débarrassage de table

Tiens, c’est marrant…

… on trouve plus de candidats pour mettre la table que pour la débarrasser.

Rien de surprenant quand on pense à toutes les contraintes induites par cette corvée de fin de repas. Débarrasser c’est quitter la table à un moment où l’on est confortablement assis en plein débat intellectuel avec ses proches: Star Wars est-il le meilleur film de tous les temps? Johnny Depp a-t-il eu raison de quitter Vanessa Paradis? Qui sera le prochain Président de la République? Une privation qui n’égale pas la frustration de passer à côté d’un fou rire collectif alors qu’on est la tête dans la poubelle en train de jeter les restes de la bouillabaisse.

D’ailleurs, parlons-en de la saleté. « Gelée de pâté au beurre fondu », « Peau de poulet et son reste de moutarde », « Croute de fromage aromatisée à la vinaigrette », tel est le menu des malheureux débarrasseurs de table. Un dur labeur qui se poursuit jusque dans la cuisine: Comment remplir un lave-vaisselle plein à craquer sans s’en mettre plein les doigts? Comment être certain de ce qui doit aller dans la poubelle dédiée au recyclage? Comment laver des coupes de champagne dans un évier où trempe un plat à gratin?

Alors certes il y en a toujours pour qui débarrasser la table n’est pas vraiment une corvée: les petits malins qui s’occupent de tout sauf des assiettes pour éviter de se salir, les lâches qui se contentent de les déposer dans la cuisine comptant sur les autres pour gérer la poubelle et le lave-vaisselle ou les fainéants qui ne transportent qu’un objet à chaque voyage pour gagner du temps. Mais ces olibrius ne valent rien à côté de l’artiste qui feint de débarrasser la table pour se réfugier subrepticement aux toilettes.

Et pourtant, dans certaines circonstances, débarrasser la table peut s’avérer bien utile voire salutaire. Utile quand il s’agit de faire passer un message dans le dos des convives. Quel couple n’a jamais prétexté un café à préparer pour régler ses comptes? Salutaire quand il s’agit de fuir une ambiance délétère. Qui n’a jamais prétexté une bouteille d’eau à remplir pour échapper au sermon du patriarche?

Désormais, à moins que ce soit votre anniversaire ou que vous soyez tétraplégique, vous n’avez plus d’excuses pour ne pas filer un coup de main au prochain repas !

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Les nuisances des photos de vacances

Tiens, c’est marrant…

… à trop prendre de photos, on passe à côté de ses vacances et on déprime ses amis.

Le touriste moderne consomme la photo avec la même avidité qu’un ado devant un paquet de Chipster. Qu’il ait les doigts gelés ou enduits de crème solaire, impossible de résister à l’appel de l’objectif. Tous les experts ès prise de vue sont unanimes: il n’y a jamais eu autant de clichés pris au cours de l’histoire humaine. Et de moins en moins à l’aide de Nikon, Canon ou Olympus. De nos jours, la Tour Effeil et l’apéro Ricard-Cochonou s’immortalisent à coup de smartphone 41 mégapixels[1]. Si ces mobiles high-tech ont érigé la photo de vacances au rang de névrose, ce n’est pas tant à cause de leurs performances visuelles que de leurs fonctionnalités sociales. Car ce qui motive vraiment le vacancier de nos jours ce n’est pas tant de préserver des souvenirs que de partager ce qu’il fait[2]. Mais qu’a-t-il de si intéressant à partager? Que des choses essentielles: des images de proches avec un coup dans le nez et des clichés de ses pieds[3]. Un nombrilisme omniprésent sur le web via des sites tels que « On pense bien à vous »[5] ou « Hot Dog Legs » (voir plus bas).

Toujours à l’écoute de nos pauvres âmes, les hommes en blouse blanche s’inquiètent de cette boulimie photographique. Première victime selon eux, le photographe lui-même[6]. Pendant qu’il shoote son double latte, choisit le bon filtre Instagram puis le partage sur Twitter & Facebook… il ne se rend plus compte que son café refroidi et que ses vacances perdent par là-même de leur saveur. A trop photographier, le voyageur ne voyage plus… plus vraiment[7]. Seconde victime, sa communauté de fans et de followers. Pour que ça like, que ça tweete et que ça commente, notre photographe écrème, filtre et retouche sa vie[8]. Une fois en ligne, c’est la grande spirale de l’envie: comparaison et frustration provoquent une surenchère d’images aussi réalistes que l’inversion de la courbe du chômage. Sur les réseaux sociaux, la bonne vieille séance diapositive se transforme ainsi en arme de dépression massive[9].

Rassurons-nous, les américains ont peut-être trouvé un début de solution: embaucher un photographe personnel le temps d’un voyage[10]. Certes, vos amis continueront à vous détester mais, au moins, vous profiterez pleinement de vos vacances. Et ça, ça n’a pas de prix.

[1] http://trends.levif.be/economie/opinion/chronique-economique/le-smartphone-va-t-il-tuer-l-appareil-photo/opinie-4000374925386.htm

[2] http://obsession.nouvelobs.com/high-tech/20131107.OBS4523/non-le-smartphone-ne-va-pas-tuer-l-appareil-photo.html

[3] http://www.cosmopolitan.fr/,ce-que-revelent-les-photos-de-vacances,2077,1776506.asp

[4] http://hot-dog-legs.tumblr.com

[5] http://onpensebienavous.tumblr.com

[6] http://m.slate.fr/story/75832/instagram-filtres-deprime-facebook

[7] http://www.telegraph.co.uk/technology/social-media/10211689/The-holiday-you-never-had-because-you-were-too-busy-taking-photos.html

[8] http://www.telegraph.co.uk/technology/social-media/10211689/The-holiday-you-never-had-because-you-were-too-busy-taking-photos.html

[9] http://blog.francetvinfo.fr/dans-vos-tetes/2013/08/18/vos-photos-de-vacances-depriment-elles-vos-amis-facebook.html

[10] http://nymag.com/thecut/2013/04/you-can-hire-paparazzi-to-take-vacation-pics.html?mid=twitter_nymag

Pauvres riches

Tiens, c’est marrant…

… les riches sont plus dépendants à l’alcool que les pauvres[1]. Dans un monde bien-pensant, il est grand temps de tordre le coup à l’idée selon laquelle le crève-la-faim, le sans-le-sou, l’indigent aurait le monopole de la misère humaine. N’en déplaise aux démagogues, le plein aux as, le bourgeois, le nanti souffre tout autant. Son talon d’Achille? L’argent, artisan de son statut mais ressort de son mal-être.

L’argent nuit gravement à la santé. A commencer par la santé mentale, car le chemin de la richesse est pavé d’insatisfactions, de frustrations : jamais assez de belles chaussures, jamais assez de belles masures, jamais assez de belles voitures. Et de la Cadillac au Prozac, il n’y a qu’un pas. Alors le rupin carbure aux cachetons[2]. Les enfants ne sont pas en reste. L’argent c’est une affaire de famille: faut que les petits n’en manquent pas quand ils seront grands. Bienveillants, Papa et Maman mettent donc la pression afin qu’Edouard ne passe pas à côté de Polytechnique et qu’Anne-Charlotte ne rate pas l’examen du barreau. Alors pour faire passer la pilule de la réussite à tout prix, Edouard et Anne-Charlotte boivent beaucoup[3]. Pour eux, le binge drinking ce n’est pas qu’une habitude, c’est une éthique. Et quand ils ne boivent pas ils fument trop et ils mangent mal. Les plus paumés vont même jusqu’à tricher ou voler, histoire d’attirer l’attention de parents trop absents[4].

L’argent nuit aussi gravement aux relations. Parce que l’argenteux est moins sensible que le pauvre. La faute à son environnement. Il paraît que le personnel de maison serait moins menaçant que le dealer du hall d’immeuble. Du coup, le millionnaire est moins attentif au monde qui l’entoure[5]. De toute façon, le monde c’est le cadet de ses soucis vu qu’il n’a aucune morale et ne pense qu’à lui[6]. Preuve en est le code de la route. Il le respecte à peu près autant que Nabila respecte le Bescherelle. Les conducteurs de voitures de luxe s’arrêteraient ainsi quatre fois moins au passage piéton que ceux conduisant des voitures moins chères[7]. Finalement, rien d’étonnant à ce que le riche soit méprisé… au point que le commun des mortels prenne du plaisir à le voir souffrir[8].

Non, vraiment, ça ne rapporte rien d’être riche.

[1] http://www.thedailybeast.com/articles/2010/12/29/drinking-stats-who-drinks-the-most-alcohol.html

[2] http://www.psychologytoday.com/blog/out-the-darkness/201203/the-madness-materialism

[3] http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1950124/

[4] http://www.psychologytoday.com/articles/201310/the-problem-rich-kids

[5] http://healthland.time.com/2010/11/24/the-rich-are-different-more-money-less-empathy/

[6] http://nymag.com/news/features/money-brain-2012-7/

[7] http://healthland.time.com/2012/02/28/why-the-rich-are-less-ethical-they-see-greed-as-good/

[8] http://blogs.scientificamerican.com/moral-universe/2013/09/27/the-problem-with-rich-people-and-ethics/