Les contrefaçons ostentatoires

Tiens, c’est marrant…

… de plus en plus de gens se ventent d’écouter de la musique téléchargée illégalement sur Internet. Certains vont même jusqu’à vous reprocher de continuer à acheter des albums. Le piratage, et l’acquisition de contrefaçons en général, seraient-ils devenus des « bonnes affaires » aux yeux des consommateurs? Plusieurs tendances semblent conforter cette thèse.

En premier lieu, le commerce international de produits contrefaits s’est généralisé : horlogerie, mode, automobile, alimentaire, médical, culture… peu de secteurs y échappent. Il est évalué à 500 milliards de dollars et croît à un rythme de 20% par an[1]. Si la mondialisation croissante des échanges joue un rôle central dans l’accélération du phénomène, il ne faut pas minimiser l’implication d’Internet et de ses sites de vente aux enchères.

En second lieu, les faux n’ont jamais autant ressemblé aux vrais. Certains sous-traitants récupérent la matière des produits authentiques fabriqués le jour, pour assembler des faux pendant la nuit. « En délocalisant leur savoir-faire, les marques se sont ainsi elles-mêmes fragilisées » [2]. En outre, l’évolution technologique permet aujourd’hui de réaliser des reproductions quasi-identiques aux originaux. Seuls les mélomanes chevronnés sont capables de distinguer une musique de CD d’une musique au format mp3 téléchargée illégalement via Internet.

Enfin, le comportement du consommateur a changé. Le tassement de ses revenus depuis les années soixante-dix a accru sa sensibilité au prix[3]. Le consom-acteur d’aujourd’hui contrôle et compare les produits. Il remet même en cause la sacro-sainte « prime à la marque ». Pour 76% des Français, « les grandes marques sont souvent un alibi pour justifier un prix plus élevé sans contrepartie » [4]. L’achat malin ou « smart shopping » est devenu son nouveau crédo.

Ne vous étonnez donc pas si votre amie Alexandra, avocate dans le 7ème arrondissement, vous nargue avec sa superbe imitation de jean Diesel achetée pour 20€ seulement sur un marché de Bangkok. On est loin de l’image du beauf’, coupable d’avoir acheté à Marrakech un polo Lacoste au crocodile cousu à l’envers.

Vous avertirez quand même votre amie Alexandra que la majorité des vêtements contrefaits subissent des traitements chimiques provoquant des allergies cutanées…


[1]http://www.wcoomd.org/fr/

[2] http://www.linternaute.com/savoir/dossier/contrefacon/contrefacon.shtml

[3] « Consommateur cherche bonnes affaires », Marketing Magazine N°140 – 01/05/2010.

[4] « Les Français et la crise », Panel On the Web du 24 mars au 2 avril 2009.

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