La remarquable insignifiance des seins nus sur la plage

Tiens, c’est marrant…

… les seins nus ont beau s’être banalisés, ils continuent d’accrocher notre regard. Si en apparence cette pratique suscite l’indifférence, en réalité elle reste très controversée. Quand ses opposants y voient une forme d’animalité obscène, ses partisans y voient l’expression de la libération de la femme voire le signe d’une communion retrouvée de l’homme avec la nature. Le sociologue Jean-Claude Kaufmann nous dévoile les dessous de cette ambiguïté mammaire[1].

Rien n’est moins banal que des seins nus sur une plage. Tant qu’ils resteront l’un des principaux attributs esthétiques et sexuels du corps de la femme, ils ne cesseront d’être un sujet d’étude pour les vacanciers que nous sommes. Et ce, d’autant plus que la plage est un lieu propice à ce type d’observation. Car, derrière son idéal de tolérance (« c’est les vacances, chacun fait ce qu’il veut »), la plage examine, contrôle et critique le moindre geste (« il y a des limites quand même ! »). Ainsi, on condamne les défilés topless ostentatoires au bord de l’eau mais on tolère les corps allongés sur les serviettes. On fustige les « gants de toilettes » des grand-mères les plus défraîchies mais on admire la poitrine rebondie des jeunes filles en fleurs. Et tout ça, courageusement dissimulés derrière nos Ray Ban ou le dernier Marc Lévy.


[1] KAUFMANN J.C. (1998) . « Corps de femme, regards d’homme. Sociologie des seins nus. », Pocket.

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