Les fausses confidences

Tiens, c’est marrant…

… les secrets les moins biens gardés sont souvent accompagnés de : « ne le répète à personne ». Quoi de plus élégant pour signifier à notre interlocuteur que ne nous ne lui faisons pas confiance ! Avec un véritable confident, les mises en garde ne sont pas coutumes. Les choses se font naturellement, sans crainte.

Dès lors, pourquoi révéler l’irrévélable à une personne dont on ignore la fiabilité? Peut-être parce que rien n’est plus difficile que de garder un secret : « Un secret qu’on est vraiment seul à détenir, un tel secret rendrait malades les plus robustes, et on peut même se demander s’il existe une conscience assez intrépide pour supporter ce tête-à-tête sans en mourir.» (Jankélévitch). Il s’agit bien d’une lutte intérieure où la divulgation l’emporte souvent sur la discrétion. Car révéler un secret c’est une occasion unique de se faire valoir, de montrer que l’on sait ce que les autres ne savent pas. Assortir notre révélation d’une mise en garde devient alors une excellente manière de nous déculpabiliser : ce n’est plus de notre faute si le secret s’ébruite. On a la conscience tranquille.

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