La violence des comptines

Tiens, c’est marrant…

… rien n’est plus cruel qu’une comptine. Châtiments corporels ou psychologiques, on n’imagine pas la quantité d’atrocités naïvement chantonnée à nos petites têtes blondes. Une étude a d’ailleurs révélé qu’il y avait dix fois plus de violences dans les comptines que dans les programmes télévisés[1].

Rien d’étonnant lorsqu’on prend la peine de se pencher sur ces innocentes chansons populaires. On y découvre des femmes qui pleurent la mort de leur mari (Malbrough s’en va en guerre), des amoureux qui finissent la corde au cou (Ne pleure pas Jeannette), des enfants que l’on prive de nourriture (Fais Dodo, Colas mon petit frère), que l’on frappe à coups de marteau (Pomme de reinette et pomme d’api) voire que l’on dévore vivant (Il était un petit navire). Si les êtres humains sont malmenés, les animaux ne sont pas en reste. Quand on ne cherche pas à les dépecer (Alouette. Gentille Alouette) ou à les faire cuir (Une souris verte), on les massacre à coup de bâton (Il était une bergère).

Alors pourquoi tant de haine ? La principale raison réside dans la nature profonde des comptines. De tout temps, ces chansons ont joué un rôle prépondérant dans l’éducation des enfants et la transmission du patrimoine culturel[2]. Aussi sont-elles le reflet des mœurs de leur époque. Or, les mœurs changent. A l’heure de l’enfant-roi bercé par l’univers de Mickey, Hello Kitty, et Bob l’éponge, l’initiation précoce aux violences de la vie peut paraître terriblement anachronique.

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